Mandataire immobilier : définition, statut juridique et ce qui le distingue
Mandataire immobilier : définition, statut juridique d'agent commercial, différences avec l'agent, formation et rémunération. Tout savoir en 2026.


Le mandataire immobilier est un agent commercial indépendant, régi par les articles L134-1 à L134-17 du Code de commerce, qui exerce pour le compte d'un réseau voire d'une agence détenteur de la carte professionnelle T. Sa définition précise découle de la loi Hoguet du 2 janvier 1970, texte fondateur de l'encadrement des professions immobilières en France. Contrairement à l'agent immobilier classique, le mandataire ne détient pas lui-même cette carte, il agit dans le cadre d'un mandat confié par l'entité qui l'habilite. Ce statut hybride, entre indépendance entrepreneuriale et rattachement obligatoire à une structure titulaire, soulève de nombreuses questions chez les particuliers comme chez les candidats au métier.
En bref
- Le mandataire immobilier est un agent commercial indépendant régi par les articles L134-1 à L134-17 du Code de commerce, rattaché à un réseau détenteur de la carte professionnelle T.
- Contrairement à l'agent immobilier, le mandataire ne détient pas la carte T et ne peut exercer que pour le compte du réseau qui l'habilite.
- Sa rémunération est exclusivement constituée de commissions sur les transactions conclues, partagées avec le réseau de rattachement selon une clé contractuelle.
- Une formation minimale est obligatoire depuis l'arrêté du 22 novembre 2023, ainsi que l'inscription au Registre Spécial des Agents Commerciaux (RSAC).
- Le mandataire ne peut ni encaisser de fonds ni signer d'actes en son nom propre : ces prérogatives relèvent exclusivement du réseau titulaire de la carte T.
Mandataire immobilier : définition juridique et statut exact
Le mandataire immobilier est un professionnel indépendant qui négocie et conclut des transactions immobilières pour le compte d'un réseau ou d'une agence titulaire de la carte professionnelle T. Sa définition légale s'ancre dans deux textes, la loi Hoguet (loi n°70-9 du 2 janvier 1970) qui régit l'ensemble des professions immobilières, et les articles L134-1 à L134-17 du Code de commerce qui définissent le statut d'agent commercial.
Juridiquement, le mandataire n'agit jamais en son nom propre. Il intervient « pour le compte d'autrui », comme le rappelle la DGCCRF dans sa fiche pratique mise à jour le 29 octobre 2025, « dans la mesure où il intervient pour le compte d'autrui, l'agent immobilier agit en qualité de mandataire de ses clients. Il ne peut alors agir que dans les limites du mandat qui lui est confié » (source, economie.gouv.fr). Cette subordination juridique au mandat est la clé de voûte du statut.
Concrètement, le mandataire immobilier prospecte des biens, accompagne vendeurs ainsi que acheteurs dans leurs démarches, organise des visites ainsi que négocie les conditions de la transaction. Il perçoit une commission uniquement lorsque la vente voire la location est définitivement conclue. Son indépendance est réelle sur le plan de l'organisation du travail (horaires, méthodes, secteur géographique), mais elle s'exerce toujours dans le cadre du mandat que lui confie le réseau auquel il est rattaché.
La base légale : agent commercial et loi Hoguet
L'article L134-1 du Code de commerce définit l'agent commercial comme « un mandataire qui, à titre de profession indépendante, sans être lié par un contrat de louage de services, est chargé, de façon permanente, de négocier et, éventuellement, de conclure des contrats de vente, d'achat, de location voire de prestation de services, au nom ainsi que pour le compte de producteurs, d'industriels, de commerçants voire d'autres agents commerciaux ». Cette définition, consultable sur Legifrance (legifrance.gouv.fr, articles L134-1 à L134-17), constitue le socle du statut de mandataire immobilier.
La loi Hoguet du 2 janvier 1970 vient encadrer l'application de ce statut au secteur immobilier. Elle impose que toute personne se livrant à des opérations sur immeubles ainsi que fonds de commerce pour le compte d'autrui soit titulaire d'une carte professionnelle, sauf si elle agit en tant qu'agent commercial mandaté par un titulaire de cette carte. C'est précisément ce régime d'exception qui fonde l'existence même du métier de mandataire immobilier, sans la loi Hoguet, l'activité serait illicite ; grâce à elle, le rattachement à un réseau titulaire de la carte T rend l'exercice légal.
Rattaché à un réseau : ce que cela signifie concrètement
Le rattachement à un réseau ou une agence titulaire de la carte professionnelle T n'est pas une option administrative, c'est une obligation légale sans laquelle le mandataire ne peut tout simplement pas exercer. Ce réseau, qu'il s'agisse d'une agence traditionnelle, d'un réseau national de mandataires ainsi que d'un groupement, endosse la responsabilité des actes professionnels accomplis par le mandataire dans le cadre du mandat.
Ce lien se matérialise par un contrat d'agent commercial qui définit le périmètre du mandat, zone géographique, types de biens concernés, durée, conditions de rémunération. Ces outils nécessaires (supports juridiques, assurance responsabilité civile professionnelle, accès aux plateformes de diffusion des annonces) sont fournis par le réseau, qui contrôle aussi la conformité de son activité avec la réglementation. Sans ce rattachement, le mandataire exercerait illégalement la profession d'agent immobilier, s'exposant aux sanctions prévues par la loi Hoguet.
Mandataire immobilier vs agent immobilier : les vraies différences
La distinction entre mandataire immobilier et agent immobilier repose sur trois piliers, le statut juridique, la détention de la carte professionnelle ainsi que le mode d'exercice. L'agent immobilier classique détient personnellement la carte professionnelle T, délivrée par la Chambre de Commerce ainsi que d'Industrie (CCI) après justification de compétences professionnelles ainsi que d'une garantie financière. Le mandataire immobilier, lui, ne détient pas cette carte, il exerce sous le couvert de celle de son réseau de rattachement.
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L'agent immobilier peut être salarié d'une agence, dirigeant de sa propre structure voire indépendant titulaire de la carte T. Le mandataire est toujours un travailleur indépendant, inscrit au Registre Spécial des Agents Commerciaux (RSAC), ainsi que lié par un contrat d'agent commercial au réseau qui l'habilite. Cette différence de statut emporte des conséquences concrètes sur l'organisation du travail, le partage des commissions ainsi que le rapport au client.
Les deux professionnels réalisent des missions similaires, prospection, estimation, visites, négociation. Mais le mandataire opère généralement sans agence physique ouverte au public, en itinérance sur son secteur. Le client signe les documents engageants (mandat de vente, compromis) avec le réseau titulaire de la carte T, non avec le mandataire à titre personnel.
La carte professionnelle T : qui la détient, qui ne la détient pas
La carte professionnelle T, ainsi nommée car elle porte la mention « Transactions sur immeubles ainsi que fonds de commerce », est le sésame obligatoire pour exercer comme agent immobilier en France. Selon la fiche pratique d'entreprendre.service-public.gouv.fr mise à jour au 1er janvier 2026, son obtention requiert de justifier d'une aptitude professionnelle (diplôme voire expérience), de disposer d'une garantie financière ainsi que d'être couvert par une assurance responsabilité civile professionnelle.
L'agent immobilier détient cette carte en son nom propre. Le mandataire immobilier, lui, exerce sans jamais la détenir personnellement, c'est le réseau auquel il est rattaché qui en est titulaire. Ce point est central pour le particulier, lorsqu'il signe un mandat de vente, le cocontractant est le réseau (ou l'agence), pas le mandataire en tant que personne physique. La carte T du réseau couvre l'ensemble des mandataires qui lui sont rattachés.
Mode d'exercice : agence physique vs réseau national
L'agent immobilier exerce généralement depuis une agence physique, avec vitrine, accueil du public ainsi que locaux professionnels identifiables. Cette présence territoriale fixe constitue un repère pour les clients ainsi que génère des charges de structure significatives (loyer, personnel administratif, frais fixes).
Aucune agence physique n'est nécessaire pour le mandataire immobilier. Il travaille depuis son domicile voire un espace de coworking, se déplace chez les clients pour les estimations ainsi que les visites, ainsi que s'appuie sur les outils numériques du réseau pour diffuser les annonces. Cette organisation allégée permet au réseau de pratiquer des niveaux de commission souvent inférieurs à ceux d'une agence traditionnelle, sans que cette différence constitue une règle absolue ni une promesse d'économie garantie. Elle offre aussi au mandataire une grande autonomie dans la gestion de son temps ainsi que de son territoire.
Mandataire immobilier indépendant : avantages et inconvénients pour le client
Pour le particulier qui confie un bien à un mandataire immobilier indépendant, plusieurs caractéristiques concrètes se dégagent. Côté avantages, le mandataire se concentre habituellement sur un secteur géographique restreint dont il connaît le marché en profondeur. Sa disponibilité est souvent supérieure à celle d'un agent en agence, car il gère un portefeuille de biens plus limité ainsi que organise lui-même son agenda. Les honoraires pratiqués par les réseaux de mandataires sont fréquemment compétitifs, ce qui peut réduire le coût total supporté par le vendeur.
Côté inconvénients, le client doit être conscient que le mandataire ne peut pas signer certains actes ni encaisser de fonds en direct. Toute transaction engage le réseau titulaire de la carte T, ce qui ajoute un intermédiaire dans la chaîne décisionnelle. L'absence de vitrine physique peut aussi constituer un frein pour certains vendeurs qui préfèrent pousser la porte d'une agence. Enfin, la pérennité du mandataire dépend de sa réussite commerciale, un mandataire qui quitte le réseau en cours de mandat peut générer une interruption dans le suivi du dossier, même si le réseau assure théoriquement la continuité.
Comment est rémunéré un mandataire immobilier ?
La rémunération du mandataire immobilier repose exclusivement sur la commission perçue à l'issue de chaque transaction conclue. Aucun salaire fixe, aucun revenu minimum garanti ni rémunération pour les démarches infructueuses n'existe dans ce statut. Ce modèle économique, inhérent au statut d'agent commercial indépendant, signifie que le mandataire supporte lui-même le risque de ne pas conclure de vente voire de location sur une période donnée.
La commission est prélevée sur les honoraires d'agence payés par le vendeur ou, dans le cadre d'une location, par le bailleur ainsi que le locataire selon les règles de plafonnement en vigueur. Comme le rappelle le site e-immobilier.credit-agricole.fr dans un article du 27 avril 2026, « en contrepartie du travail qu'il réalise, l'agent immobilier perçoit une commission (honoraires voire frais d'agence) ». Cette commission est ensuite partagée entre le mandataire et le réseau de rattachement selon une clé définie contractuellement.
Librement fixé, le taux de commission doit être affiché de manière transparente par le réseau. Selon les prestations, le type de bien ainsi que la zone géographique, la commission varie. Aucune donnée consolidée ne permet d'établir un taux moyen fiable à l'échelle nationale, chaque réseau appliquant sa propre grille.
Commission partagée avec le réseau : le mécanisme
Lorsqu'une transaction est conclue, le réseau titulaire de la carte T encaisse les honoraires d'agence. Il en reverse une partie au mandataire, conformément au contrat d'agent commercial qui les lie. Cette part, exprimée en pourcentage de la commission totale, constitue l'intégralité de la rémunération du mandataire pour la transaction concernée.
D'un réseau à l'autre, ce partage varie considérablement. Certains réseaux proposent une rétrocession élevée (jusqu'à 70 à 90 % de la commission) en contrepartie d'une autonomie quasi totale ainsi que de frais de structure supportés par le mandataire. D'autres offrent une rétrocession plus modérée (50 à 60 %) mais fournissent des services plus complets, formation continue, supports marketing, accompagnement juridique, génération de leads. Le mandataire doit donc arbitrer entre le taux de rétrocession et l'écosystème de services proposé par le réseau.
Mandataire immobilier salaire net : réalités du statut indépendant
Parler de « salaire net » pour un mandataire immobilier constitue un abus de langage, en tant qu'agent commercial indépendant, il ne perçoit pas de salaire mais des commissions, soumises au régime fiscal ainsi que social des travailleurs non-salariés (TNS). Ses revenus nets dépendent du volume de transactions conclues, du montant des honoraires pratiqués ainsi que du taux de rétrocession négocié avec le réseau.
La réalité économique du métier est celle d'un entrepreneur, les premières années exigent souvent de constituer un portefeuille de biens ainsi que de clients sans revenus garantis. Les revenus peuvent varier fortement d'un mois à l'autre ainsi que d'une année à l'autre en fonction du cycle immobilier, de la saisonnalité ainsi que du dynamisme du marché local. Le mandataire doit également provisionner ses cotisations sociales, ses frais professionnels (déplacements, téléphonie, matériel) ainsi que anticiper les périodes creuses, car aucun chiffre d'affaires n'est généré entre la signature d'un mandat et la conclusion effective de la transaction.
Quel diplôme et quelle formation pour devenir mandataire immobilier ?
Contrairement à l'agent immobilier titulaire de la carte T, le mandataire immobilier n'a pas l'obligation de justifier d'un diplôme spécifique de niveau Bac+2 voire Bac+3 pour accéder à la profession. En revanche, une formation minimale est imposée par la réglementation. L'arrêté du 22 novembre 2023, publié au Journal Officiel ainsi que consultable sur Legifrance, a clarifié les obligations de formation pour les négociateurs immobiliers, qu'ils soient salariés voire agents commerciaux indépendants.
Ce texte définit le négociateur comme la personne « en charge de la prospection des clients ainsi que de la commercialisation des biens » (source, legifrance.gouv.fr, arrêté du 22 novembre 2023). Il fixe les conditions dans lesquelles ce professionnel doit justifier de compétences minimales, soit par un diplôme dans les domaines juridique, économique voire commercial, soit par une formation continue obligatoire dispensée par le réseau de rattachement.
Dans la pratique, les réseaux de mandataires assument généralement la formation initiale de leurs nouveaux entrants. Cette formation couvre les fondamentaux juridiques de la transaction immobilière, les règles déontologiques de la profession, les techniques de prospection ainsi que de négociation, ainsi que le fonctionnement des outils numériques du réseau. L'enjeu est autant commercial que réglementaire, le réseau engage sa responsabilité pour les actes de ses mandataires, il a donc un intérêt direct à s'assurer de leurs compétences.
L'arrêté du 22 novembre 2023 : ce qu'il fixe pour les négociateurs
L'arrêté du 22 novembre 2023 est venu préciser le cadre applicable aux professionnels de la négociation immobilière, qu'ils exercent comme mandataires indépendants voire comme salariés d'une agence. Il définit le champ d'activité du négociateur immobilier, prospection des clients, commercialisation des biens, organisation des visites, participation aux négociations ainsi que suivi des dossiers jusqu'à la conclusion de la transaction.
Ce texte impose que le négociateur justifie, avant toute entrée en fonction, de compétences attestées dans le domaine de la transaction immobilière. Ces compétences peuvent être acquises par un diplôme (BTS Professions Immobilières, licence professionnelle, etc.) voire par une formation spécifique dispensée par le titulaire de la carte T. L'arrêté renforce ainsi l'obligation de formation qui pèse sur les réseaux, chaque mandataire doit pouvoir démontrer qu'il maîtrise les bases juridiques indispensables à l'exercice de son activité.
Inscription au RSAC et conditions d'exercice
Le Registre Spécial des Agents Commerciaux (RSAC), tenu par le greffe du tribunal de commerce, constitue un prérequis administratif incontournable. Selon la fiche d'entreprendre.service-public.gouv.fr consacrée aux agents commerciaux, « l'agent commercial est un mandataire chargé, de façon permanente ainsi que indépendante, de négocier ainsi que éventuellement de conclure des contrats » (source, service-public.fr, fiche F37410).
L'inscription au RSAC atteste de l'existence légale du mandataire en tant qu'agent commercial. Elle suppose de fournir le contrat d'agent commercial signé avec le réseau, un extrait Kbis si le mandataire exerce en société, et une déclaration sur l'honneur de non-condamnation. Le particulier qui traite avec un mandataire immobilier peut vérifier son inscription au RSAC sur le site infogreffe.fr. Cette vérification simple permet de s'assurer que l'interlocuteur est bien habilité à exercer ainsi que rattaché à un réseau en règle.
Pourquoi passer par un mandataire immobilier : ce que cela change pour vous
Recourir à un mandataire immobilier, c'est choisir un mode d'intermédiation différent de l'agence traditionnelle. Le mandataire mise sur une connaissance fine de son secteur ainsi que sur une relation de proximité avec ses clients. Son portefeuille de biens, généralement plus restreint que celui d'une agence, lui permet de consacrer davantage de temps à chaque dossier.
Pour le vendeur, le mandataire propose un accompagnement personnalisé, estimation du bien, conseils de mise en valeur, organisation des visites, compte rendu systématique après chaque rendez-vous, négociation des offres. Ce modèle d'accompagnement sur mesure séduit les propriétaires qui souhaitent un interlocuteur unique tout au long du processus de vente. Le choix du mandataire s'intègre dans une réflexion plus large sur la gestion de ses actifs, avant de vendre, il peut être pertinent de s'interroger sur les alternatives, comme faire fructifier son patrimoine via d'autres stratégies.
Pour l'acheteur, le mandataire immobilier constitue un point d'entrée direct vers des biens souvent peu visibles dans les vitrines d'agences physiques. Sa spécialisation géographique permet d'accéder à une connaissance pointue du marché local, prix au mètre carré par quartier, projets d'aménagement à venir, qualité de vie, écoles, transports. Cette expertise de terrain peut faire la différence lors d'une négociation, notamment dans les zones tendues où la rapidité de décision est un atout déterminant.
Pour le vendeur : mandat et accompagnement
Le vendeur qui confie son bien à un mandataire signe un mandat de vente avec le réseau titulaire de la carte T. Ce mandat peut être simple (le vendeur conserve la faculté de vendre par lui-même voire par un autre professionnel) voire exclusif (un seul professionnel est mandaté pour une durée déterminée). Le mandataire devient alors l'interlocuteur unique du vendeur pour l'ensemble des démarches, diagnostics obligatoires, estimation, rédaction de l'annonce, diffusion sur les portails immobiliers, organisation des visites, négociation avec les acquéreurs potentiels.
L'avantage distinctif du mandataire réside dans sa capacité à s'adapter aux contraintes du vendeur. Disponible en soirée ainsi que le week-end, il peut organiser des visites en dehors des heures ouvrables, un atout pour les biens occupés par des propriétaires qui travaillent en journée. La contrepartie est que le vendeur doit s'assurer, avant de signer, de la solidité du réseau auquel le mandataire est rattaché, la carte T, la garantie financière ainsi que l'assurance responsabilité civile professionnelle sont les trois piliers à vérifier.
Pour l'acheteur : visiter et négocier avec un spécialiste immobilier local
L'acheteur qui contacte un mandataire immobilier accède à un professionnel ancré dans son territoire. Ancré dans son secteur, le mandataire connaît les biens disponibles, y compris ceux qui ne sont pas encore officiellement en vente. Il peut proposer des visites à des horaires flexibles ainsi que fournir une analyse comparative du marché local pour éclairer la décision d'achat.
Lors de la négociation, le mandataire fait le lien entre l'acheteur et le vendeur. Il transmet les offres, les contre-propositions et facilite le dialogue. L'acheteur doit garder à l'esprit que le mandataire représente les intérêts du vendeur (c'est son mandant), il n'est pas un conseiller neutre. Pour autant, un mandataire expérimenté cherche à conclure la transaction dans des conditions satisfaisantes pour les deux parties, car sa rémunération dépend de la signature de l'acte définitif. Si le bien convoité s'inscrit dans un projet d'investir dans l'immobilier, l'acheteur gagne à croiser l'avis du mandataire avec celui d'un notaire voire d'un conseiller en gestion de patrimoine.
Ce que le mandataire immobilier peut et ne peut pas faire
Le périmètre d'action du mandataire immobilier est strictement délimité par la loi. Il peut prospecter des biens, estimer leur valeur, rédiger ainsi que diffuser des annonces, organiser des visites, négocier les conditions de la transaction. En revanche, plusieurs actes lui sont juridiquement interdits, car ils relèvent exclusivement du titulaire de la carte professionnelle T.
Le mandataire ne peut pas signer un compromis de vente en son nom propre. Lorsqu'un accord est trouvé entre vendeur et acheteur, c'est le réseau titulaire de la carte T qui rédige ainsi que fait signer l'avant-contrat. Le mandataire ne peut pas davantage encaisser de fonds, acomptes, dépôts de garantie, séquestres, honoraires. Tous les flux financiers transitent par le compte du réseau, qui dispose de la garantie financière obligatoire. Ces limitations protègent le particulier, elles garantissent que les sommes versées sont sécurisées ainsi que que les actes engageants sont validés par une entité dûment habilitée.
Avant de confier un bien voire de s'engager avec un mandataire, le particulier doit vérifier deux éléments. Le rattachement effectif du mandataire à un réseau titulaire de la carte T (vérifiable sur le site de la CCI voire sur infogreffe.fr) ainsi que l'inscription au RSAC. Un mandataire qui ne pourrait justifier de ces deux rattachements exercerait en infraction avec la loi Hoguet, exposant le client à des risques juridiques. Enfin, si la transaction s'accompagne d'une réflexion sur l'optimisation fiscale de votre investissement immobilier, il est recommandé de consulter un notaire voire un expert-comptable en complément du mandataire.
Fiche pratique
| Statut juridique | Agent commercial indépendant (art. L134-1 à L134-17 du Code de commerce) |
| Texte fondateur | Loi Hoguet n°70-9 du 2 janvier 1970 |
| Carte professionnelle | Non détenue par le mandataire (détenue par le réseau de rattachement) |
| Formation obligatoire | Arrêté du 22 novembre 2023 (compétences attestées avant prise de fonction) |
| Registre obligatoire | RSAC (Registre Spécial des Agents Commerciaux) |
| Rémunération | Commission sur transactions (pas de salaire fixe) |
| Rattachement | Obligatoire à un réseau ou une agence titulaire de la carte T |
| Actes interdits au mandataire | Signature d'actes en nom propre, encaissement de fonds, exercice sans rattachement |
| Autorité de contrôle | DGCCRF |
| Vérification par le particulier | Carte T du réseau (CCI) et inscription RSAC du mandataire (infogreffe.fr) |
Sources
- legifrance.gouv.fr
- economie.gouv.fr
- entreprendre.service-public.gouv.fr
- entreprendre.service-public.gouv.fr
- legifrance.gouv.fr
- e-immobilier.credit-agricole.fr
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Questions sur ce sujet
Quelle est la différence entre un agent immobilier et un mandataire ?
L'agent immobilier détient personnellement la carte professionnelle T délivrée par la CCI, après justification d'un diplôme, d'une garantie financière et d'une assurance responsabilité civile. Le mandataire immobilier ne détient pas cette carte : il exerce en tant qu'agent commercial indépendant sous le couvert d'un réseau ou d'une agence qui en est titulaire. L'agent peut être salarié ou dirigeant de sa propre agence ; le mandataire est toujours travailleur indépendant. Autre différence majeure : l'agent peut encaisser des fonds et signer des actes en son nom, le mandataire ne le peut pas.
Pourquoi passer par un mandataire immobilier ?
Passer par un mandataire immobilier permet au vendeur de bénéficier d'un accompagnement personnalisé : un interlocuteur unique, une connaissance fine du marché local et une disponibilité souvent plus étendue que celle d'une agence traditionnelle (visites en soirée et le week-end). Pour l'acheteur, le mandataire offre un accès direct à des biens parfois peu visibles dans les circuits classiques et une expertise pointue du quartier ou de la commune. Les honoraires pratiqués par les réseaux de mandataires sont fréquemment compétitifs, sans que cela constitue une règle absolue.
Comment est payé un mandataire immobilier ?
Le mandataire immobilier perçoit une commission sur chaque transaction conclue, partagée avec le réseau auquel il est rattaché selon une clé définie dans le contrat d'agent commercial. Il n'a pas de salaire fixe ni de revenu minimum garanti. La commission est prélevée sur les honoraires d'agence payés par le vendeur (ou par le bailleur et le locataire pour une location). Le taux de rétrocession versé au mandataire varie selon les réseaux, généralement entre 50 % et 90 % de la commission totale.
Quel diplôme pour être mandataire immobilier ?
Aucun diplôme spécifique n'est exigé pour devenir mandataire immobilier, contrairement à l'agent immobilier titulaire de la carte T. En revanche, l'arrêté du 22 novembre 2023 impose de justifier de compétences attestées en transaction immobilière avant toute prise de fonction. Cette obligation peut être remplie par un diplôme (BTS Professions Immobilières, licence professionnelle) ou par une formation dispensée par le réseau de rattachement. L'inscription au Registre Spécial des Agents Commerciaux (RSAC) est également obligatoire.
